Député LFI- NFP

7eme circonscription du Rhône

Question écrite n°83 – Parcoursup : un outil de gestion de la pénurie qui pénalise la jeunesse !

M. Abdelkader Lahmar alerte M. le ministre de l’éducation nationale sur le nombre croissant de bacheliers qui demeurent sans affectation à l’issue de la phase principale de la procédure Parcoursup.

Depuis la création de Parcoursup en 2018, le nombre de candidats restant sans proposition d’admission à l’issue de la phase principale n’a cessé d’augmenter. Alors que la plateforme avait pour objectif de mieux répartir les candidatures et de faciliter l’accès à l’enseignement supérieur, plus de 103 000 candidats étaient encore sans affectation en juillet 2025, contre 85 000 en juillet 2024 et 17 000 en 2018. Les chiffres pour la session 2026 sont tombés ce mercredi 15 juillet et ils sont sans appel… 126 000 candidats n’ont reçu aucune proposition d’affectation ! Cette évolution traduit la crise profonde dans laquelle sont plongés les établissements d’enseignement supérieur.

Dans de nombreuses filières particulièrement demandées, les capacités d’accueil ne permettent plus de répondre à l’ensemble des demandes. Les listes d’attente s’allongent et de nombreux bacheliers demeurent plusieurs semaines, voire plusieurs mois, dans l’incertitude quant à leur avenir. Cette situation est d’autant plus difficile à comprendre que l’obtention du baccalauréat constitue le premier grade universitaire et devrait donc permettre d’accéder de droit à l’université.

Par ailleurs, malgré la publication des critères généraux d’examen des candidatures, de nombreux candidats et leurs familles ont des difficultés à comprendre les modalités ayant conduit à leur classement. Les formations s’appuient sur des traitements algorithmiques et des outils d’aide à la décision dont le fonctionnement demeure insuffisamment lisible pour les candidats.

L’absence d’affectation retarde l’accès à l’enseignement supérieur, contraint certains jeunes à renoncer à leur projet d’études ou à s’inscrire dans une formation qui ne correspond pas à leurs aspirations. Elle peut également retarder l’entrée dans l’emploi, dans l’apprentissage ou dans certaines formations professionnalisantes. Cette situation pénalise particulièrement les jeunes issus des territoires où l’offre de formation est insuffisante.

Ces difficultés démontrent que l’augmentation continue du nombre de candidats n’a pas été anticipée par les gouvernements successifs. L’ouverture de nouvelles places dans les filières en tension n’a pas suivi l’évolution des effectifs de bacheliers et les moyens accordés aux établissements demeurent insuffisants pour répondre aux besoins. Finalement, ParcourSup n’a jamais été qu’un outil de gestion de la pénurie, pénalisant une grande partie de la jeunesse.

M. Abdelkader Lahmar demande donc à M. le ministre de l’éducation nationale quelles mesures le Gouvernement compte-t-il prendre afin de garantir une affectation à chaque bachelier, d’augmenter les capacités d’accueil dans les formations les plus demandées et de renforcer la transparence des critères de classement et des traitements algorithmiques utilisés dans le cadre de Parcoursup.