M. Abdelkader Lahmar interroge M. le Premier ministre sur l’inaction gouvernementale face à la hausse sans précédant des prix des carburants qui pèsent sur les budgets de nombreuses françaises et de nombreux français, notamment les plus modestes.
Cette hausse des prix est certes d’origine exogène du fait de la situation internationale et notamment de la fermeture du détroit d’Ormuz dans le cadre de la guerre entre l’Iran et les Etats-Unis d’Amérique ; mais il serait faux de dire que le gouvernement n’a pas de possibilité d’action pour faire baisser les prix.
Les quelques aides ciblées sur certains secteurs de l’économie ou sur 3 millions de ménages modestes sont bien entendu insuffisantes mais elles sont surtout contre productives et mal calibrées. Elles pèsent durement sur les finances publiques sans régler le problème de fond. Face à une hausse des prix provoquée par un choc extérieur, c’est la répartition des gains à l’échange qui se trouve modifiée. Certains acteurs sont perdants (particuliers, industriels, PME, etc.) et d’autres sont gagnants (les raffineurs et leurs actionnaires). Si le gouvernement veut agir dans l’intérêt général il doit donc modifier cette répartition, c’est-à-dire bloquer les marges pour que les raffineurs, qui profitent indument de la situation comme Total et les autres majors de l’industrie pétrolière, supportent leur juste part du coût de la crise.
Bloquer les marges est tout à fait possible. D’autres pays l’ont fait, au moins de manière temporaire, l’état actuel du droit Républicain le permet et cela ne coute pas un centime aux finances publiques puisque ce sont les acteurs du secteur pétroliers qui en supporterait la charge. D’ailleurs, le gouvernement lui-même a préparé un décret en ce sens mais qui semble volontairement rater sa cible en s’attaquant aux (faibles) marges des distributeurs plutôt qu’à celles, bien plus élevées, des raffineurs.
En régulant les marges des distributeurs, on peut s’attendre à une baisse de 1 à 2 centimes le litre ; en agissant sur celles des raffineurs on peut obtenir bien plus et plafonner le prix de l’essence à 1,70€ le litre. En tapant sciemment à coté de la plaque, le gouvernement fait le choix de laisser des profiteurs de crises s’enrichir de manière exponentielle pendant que le peuple doit se serrer la ceinture. Cette crise est ainsi un exemple supplémentaire de la politique de classe menée depuis 9 ans désormais par le pouvoir en place.
La question de M. Lahmar est donc simple : qu’attend le gouvernement pour enfin bloquer les marges des raffineurs et ainsi permettre la baisse des prix des carburants au bénéfices de l’ensemble des citoyennes et des citoyens ?