M. Abdelkader Lahmar appelle l’attention de Mme la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles sur la nécessité d’une réforme structurelle visant à créer une couverture santé publique unique, intégrale et sans reste à charge aussi appelée « 100% Sécu ». Il y a 80 ans, le 4 Octobre 1945, les ordonnances instituant la Sécurité Sociale étaient promulguées. Il est grand temps de renouer avec l’idéal du Conseil National de la Résistance d’un accès à la santé pour toutes et tous et d’une protection maladie réellement universelle.
En effet, comme le note Médecin du Monde dans l’édition 2025 du rapport de son Observatoire de l’accès aux droits et aux soins en France, l’accès à la santé demeure inégal et incomplet. De nombreux obstacles, administratifs, financiers ou liés au statut, empêchent encore une partie des personnes vivant sur le territoire, notamment les plus précaires, de bénéficier d’une protection maladie effective et continue. De plus, le désengagement progressif de l’État du financement de la santé au détriment des ménages, et la montée en puissance de logiques privées fragilisent les bases de notre modèle de solidarité.
Les politiques austéritaires menées ces dernières années et l’étatisation rampante ont grandement abimé la Sécurité Sociale, notamment l’assurance maladie. Ce sont comme toujours les plus fragiles qui souffrent le plus mais c’est l’ensemble de la société qui est malade de ces politiques absurdes. En martyrisant l’assurance maladie, c’est l’état général de santé de la population et la santé publique qui se dégradent, ce qui pénalise le développement économique comme la cohésion sociale de la nation.
Aujourd’hui notre système s’effondre sous la brutalité des attaques néolibérales. Renoncements ou retards de recours aux soins, absence de prévention, difficultés pour les professionnels à accompagner les patients dans leurs parcours : autant de symptômes qui nous appellent au sursaut face à l’échec flagrant des politiques suivies par les derniers gouvernements.
Médecin du Monde conclut son rapport en appelant à la mise en place d’une couverture santé universelle, fondée sur la résidence stable et effective, la simplification des démarches, l’égalité des droits, et une gouvernance plus démocratique. Bref, il faut en revenir à une assurance maladie intégralement gérée par la Sécurité Sociale c’est-à-dire au « 100% Sécu ». Outre l’amélioration de l’accès au soin pour l’ensemble de la population, un tel système est plus efficace et moins cher que l’actuelle répartition entre assurance maladie publique et complémentaires santés privées. Les frais de gestions, sont par exemple, 4 fois plus élevés pour les complémentaires et l’assurance maladie n’a pas à faire de publicité pour attirer des clients ou des actionnaires et autres sociétaires à rémunérer. De plus, du point de vue de la soutenabilité financière du système, la loi des grands nombres invite à privilégier une assurance unique et universelle à une multitude d’acteurs en concurrence entre eux.
Le gouvernement se grandirait à lancer le chantier du « 100% sécu » à l’occasion des débats budgétaires qui se dérouleront cet automne. Les 80 ans de la sécurité sociale nous rappellent que c’est par la solidarité et la protection du bien commun universel qu’est la santé que le pays s’est reconstruit et développé après 1945. Il est grand temps de reprendre la marche en avant dans cette voie pour que vive la République et que vive la Sociale !